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A Hong Kong, les “parents-tigre” veillent à la réussite de leurs enfants




La “mère-tigre”, qui désigne les femmes soumettant leurs enfants à une discipline stricte pour qu’ils réussissent à l’école, est un specimen répandu à Hong Kong, territoire imprégné de valeurs confucéennes et obsédé par la réussite. Et peu de parents y trouvent à redire.
Début 2011, une mère de famille sino-américaine avait déclenché une avalanche de débats sur l’internet des deux côtés du Pacifique en affirmant la supériorité de l’éducation avec des préceptes “à la chinoise”, fondés sur l’élitisme et l’étude acharnée.
A Hong Kong, ville férocement compétitive, les parents soulignent que tout le monde est sous pression: les enfants et leurs parents.
“Ça commence à la maternelle dès quatre ans. Des meilleures maternelles, on peut ensuite intégrer les meilleures écoles primaires”, raconte Jachinson Chan.
Ses deux filles, de 11 et 13 ans, ont une activité chaque jour après l’école: espagnol, guitare, tennis, mathématiques...
“Les gens pensent que nous sommes fous”, dit-il. Pas parce que ses enfants sont trop occupées, mais parce que, au contraire, elles ont peu d’activités comparé à la norme de la classe moyenne.
Il faut aussi savoir choisir le bon “loisir”. “Savoir très bien jouer du piano à l’école primaire n’a rien d’excitant. Il vaut mieux opter pour le trombone”, note M. Chan.
Les élèves de Hong Kong sont en général très bien classés dans les études réalisées par l’OCDE, mais seuls 18% des écoliers intègrent une université du territoire. Et parler trois langues —mandarin, cantonais, anglais— est le minimum.
Des articles de presse rapportent régulièrement le cas d’enfants de maternelle qui ont déjà des journées de cours de 10 heures.
Une association de soutien parental, KELY, qui travaille avec toutes les classes sociales, vient de lancer une campagne encourageant les parents à passer plus de temps avec leurs enfants.
“La majorité des parents auxquels nous parlons aiment leurs enfants et veulent vraiment ce qu’il y a de mieux pour eux. Mais c’est dur de trouver le juste milieu”, alors que les parents aussi travaillent énormément, souligne Chang Tung, qui dirige cette association.
Maria Leung, mère d’un fils de 14 ans et professeur de langues, estime que ce système d’éducation extrêmement compétitif n’explique pas tout. Les valeurs confucéennes jouent aussi un rôle, en mettant l’accent sur parents et enfants en tant que participants à une communauté. Les valeurs occidentales mettent elles en avant l’individu.
“Les enfants de Hong Kong sont facilement reconnaissables. Ils ont l’habitude depuis toujours d’avoir +des parents hélicoptères+”, qui bourdonnent autour d’eux pour s’assurer que l’enfant progresse, déclare Maria Leung.

Libé
Mardi 7 Juin 2011

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