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A Casablanca, l’augmentation des cas de tuberculose inquiète les professionnels de santé


Déficit en ressources humaines pour le programme national de lutte contre cette maladie



A Casablanca, l’augmentation des cas de tuberculose inquiète les professionnels de santé
A l’approche de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, la présidente de l’Association «SOS tuberculose et maladies respiratoires»  est prompte à tirer la sonnette d’alarme : le programme national de lutte contre la tuberculose souffre d’un problème de gouvernance en plus d’un déficit en ressources humaines. Plus grave encore, et toujours selon Pr Zoubida Bouayad, ce programme, qui dès son élaboration a privilégié le partenariat, tourne aujourd’hui le dos à tous ceux, du tissu associatif, qui sont sur le terrain de la lutte contre la tuberculose. «Depuis trois ans, les séminaires d’évaluation en matière de lutte contre cette maladie ne se font plus. Tous les partenaires se réunissaient pour confronter les chiffres et statistiques. Depuis 2010, ces séminaires ne se font plus. Nous prenons connaissance des statistiques relatives à la tuberculose par voie de presse. Et ces chiffres sont parfois contestables », révèle la présidente de « SOS tuberculose », une association impliquée dans le combat contre la tuberculose et les maladies respiratoires depuis 1996.
Et c’est précisément à Casablanca que cette association a décelé une légère augmentation de cas de tuberculose. « Dans chaque préfecture, nous avons constaté une augmentation  de l’ordre de 3 à 4%. Nous avons remarqué que les foyers de la maladie étaient plus nombreux Il est aujourd’hui urgent que pouvoirs publics et associations de lutte contre cette maladie travaillent ensemble. SOS tuberculose et maladies respiratoires a déjà fait un travail sur le terrain. Il est totalement incompréhensible qu’elle soit tenue à l’écart. Aujourd’hui, nous posons la question de savoir quel est le rôle du ministère de la Santé dans la gestion du programme national de lutte contre la tuberculose et plus particulièrement aux niveaux local et régional», s’interroge avec force Pr Z. Bouayad
On le sait, la tuberculose constitue un problème de santé au Maroc. Selon les chiffres publiés en 2011,   près de 27.000 nouveaux cas de maladie  sont enregistrés tous les ans. Houcine Louardi, le ministre de la Santé, ne cache pas la poussière sous le tapis et admet qu’il y a encore des difficultés à atteindre l’objectif visé, c’est-à-dire l’éradication de la tuberculose à l’horizon 2015. « Malgré une diminution des taux d’incidence avec un taux de détection de 95% et un taux de succès thérapeutique dépassant les 85%, le Maroc n’a pas encore atteint l’objectif fixé par le programme national de lutte contre la tuberculose qui prévoit un taux de diminution de 6% pour les prochaines années », avait déclaré il y a quelques mois devant les députés le détenteur du portefeuille ministériel de la Santé.
«Agir contre la pauvreté pour agir contre la tuberculose»
En décembre dernier, ce même ministre a bien convié décideurs, parlementaires et acteurs actifs de la société civile à élaborer une feuille de route qui sera à la base de la stratégie nationale anti-tuberculose 2013-2016. Cela s’est passé lors d’une réunion nationale organisée à Rabat sous la thématique de «Agir ensemble pour un Maroc sans tuberculose». Le ministère de la Santé et son nouvel occupant ont établi un nouveau plan d’action national pour la mise en oeuvre de la stratégie internationale visant à éradiquer cette maladie à l’horizon 2015.
Un plan national de lutte contre la tuberculose  garantissant la gratuité totale de la prise en charge  de la maladie existe bel et bien et il a pour objectif  «d’augmenter le taux de détection de 80% à 85%, d’atteindre un taux de succès thérapeutique de 90% entre 2006 et 2010 et de réduire de moitié la prévalence et la mortalité de la tuberculose dans la population à l’horizon 2015 par rapport aux chiffres estimés de l’année 1990 et ce conformément aux Objectifs du millénaire pour le développement». «Et c’est là tout le problème. Chaque ministre veut coûte que coûte mettre son empreinte et reprendre tout depuis le début alors qu’un plan national de lutte contre la tuberculose est là depuis des années ! », s’exclame celle qui préside aux destinées de « SOS tuberculose et maladies respiratoires ».
L’éradication de la tuberculose est le sixième des objectifs du millénaire pour le développement. Le Maroc, rappelle, Pr Zoubida Bouayad, a totalement souscrit aux huit objectifs de l’ODM qui font, entre autres, le pari du développement, de la réduction de la pauvreté et de l’éradication de maladies telle que la tuberculose. «Le retour de la tuberculose chez nous pose le problème du développement. La précarité, la malnutrition, l’habitat insalubre, la promiscuité sont autant de facteurs qui favorisent cette maladie et contre lesquels le gouvernement en place doit agir. En d’autres mots,  pour agir contre la tuberculose, il faut agir contre la pauvreté», conclut Mme Bouayad.

Narjis Rerhaye
Vendredi 8 Mars 2013

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