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A Benghazi, des jeunes se portent volontaires pour libérer Tripoli




Ils sont plus de 150 jeunes, certains en tenue militaire et béret, d’autres en jeans, t-shirts et baskets. Ils viennent de s’inscrire comme volontaires des forces de l’opposition à Mouammar Kadhafi et se disent prêts à marcher sur Tripoli pour libérer la capitale.
La cour de l’école Saleh Buaisir, à Benghazi (est), ressemble à une ruche.
Les jeunes se pressent devant un bureau installé par l’armée et inscrivent rapidement leur nom sur des listes.
Les haut-parleurs déversent de la musique arabe. A côté du bureau, flotte un drapeau rouge-noir-vert, les couleurs de l’indépendance de la Libye en 1951, jusqu’à la révolution qui a porté au pouvoir le colonel Kadhafi en 1969. “Je veux aller à Tripoli pour la libérer. Je suis prêt à me battre”, dit Hassan, qui n’a que 20 ans et en paraît encore moins, en s’extirpant de l’essaim de jeunes qui veulent s’enregistrer comme volontaires.
A ses côtés, Ibrahim, 25 ans, dit d’un ton ferme à l’AFP qu’il ne veut “aucune intervention étrangère, surtout pas des Etats-Unis” pour faire chuter le régime de Kadhafi.
“Nous allons libérer nous-mêmes la Libye”, ajoute-t-il, en faisant le signe de la victoire, avant de rejoindre les autres volontaires qui se mettent en rangs dans la cour en attendant leur premier entraînement. Selon l’un des responsables des inscriptions, plus de 5.000 personnes se sont portées volontaires depuis lundi, un chiffre impossible à vérifier.
Ce sont des jeunes pour la plupart. Les mieux équipés portent des vestes militaires et des pantalons de treillis. D’autres sont pauvrement vêtus, parfois chaussés de simples tongs en caoutchouc. Presque tous ont un béret, un chapeau ou un foulard qui couvre les cheveux.
Une fois inscrits, les volontaires suivent les ordres de la poignée de militaires présents et marchent sur trois rangs jusqu’à la table, installée au centre de la cour.
“Allah est le plus grand! Libye libre!”, crient-ils plusieurs fois, obéissant aux consignes des instructeurs. Les murs de l’école réverbèrent la clameur qui paraît encore plus forte. Lorsqu’ils sont tous assis, l’un des militaires commence la première leçon: comment monter et démonter un fusil AK-47 et comment le charger. Les volontaires suivent les explications comme ils peuvent. Les caméras de télévision et les photographes présents leur masquent par moments l’instructeur et ils protestent timidement. Le premier entraînement ne dure de toutes façons qu’une demi-heure.
Les volontaires rompent ensuite les rangs et se regroupent entre amis pour bavarder.
“Je suis ici parce que Kadhafi a tué des milliers de personnes. Nous aimions Kadhafi par le passé, mais maintenant il tue des civils. J’ai vu de mes propres yeux un enfant assassiné”, dit Mohamed, un médecin d’une trentaine d’années, dont le profil tranche sur celui de la plupart des volontaires. “Le peuple libyen veut tuer Kadhafi. Seulement Kadhafi. Je suis prêt à aller à Tripoli”, conclut-il, reprenant le leitmotiv de tous les jeunes présents.

AFP
Jeudi 3 Mars 2011

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