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A Athènes, l’art urbain s’inscrit entre rue et crise




A Athènes, l’art urbain s’inscrit entre rue et crise
Un lion géant rugit devant un drapeau grec un peu passé : la fresque sur le mur d’une école d’une banlieue défavorisée du sud-ouest d’Athènes se veut le symbole des déboires d’un pays éprouvé par la récession depuis six ans. 
 Bane, l’auteur suisse de l’oeuvre, figure parmi une soixantaine de créateurs grecs et étrangers, invités depuis mars à mettre de la couleur sur les murs abîmés d’une trentaine d’écoles à Nikéa, 2.500 m2 au total, dans le cadre du deuxième festival d’art de rue “La crise, quelle crise?”.
“Cette initiative s’inscrit sous l’égide de l’Ecole des Beaux-Arts d’Athènes. Elle a commencé l’année dernière, au milieu de la crise, et visait à inviter les artistes à interpréter l’actualité dans l’espace public”, résume Gogo Kolivira, responsable du festival.
S’inspirant du mur d’Oberkampf à Paris, créé par Tom Tom, artiste urbain pionnier, ce festival est également rendu possible grâce à la coopération des ambassades de France, d’Israël et de Suisse, et parie sur le regain “de l’optimisme et de l’espoir”, selon Mme Kolivira.
La preuve: des femmes et des filles gracieuses, dessinées en noir et blanc et renvoyant à une époque insouciante sur le mur d’une école primaire de Nikéa, oeuvre de Sotiris Gardiakos, étudiant à l’Ecole des Beaux-Arts d’Athènes et passionné par l’art de rue. 
Au milieu de la fresque, trône un dessin de la statue antique en bronze le “Jockey de l’Artémision”, une des plus célèbres oeuvres exposées au Musée national d’Athènes, datant de 140 avant J.C.
“Mes sujets sont choisis en fonction de la particularité des lieux à dessiner afin d’être acceptés par les habitants des quartiers (...) l’objectif de l’art de rue est de rester une partie vitale de la ville”, explique l’artiste qui qualifie “de positive la tendance de plus en plus apparente des jeunes à s’exprimer en public”. 
“C’est la notion de la reconquête de l’espace public”, rappelle de son côté l’artiste “This is opium”, 23 ans.
L’année dernière, lors du lancement du festival en pleines manifestations, les oeuvres qui ornent jusqu’à aujourd’hui les murs de l’Ecole des Beaux-Arts étaient plutôt inspirées des protestations contre les mesures de rigueur: un jeune portant un foulard sur la bouche pour se protéger des gaz lacrymogènes, l’enterrement d’un paquet d’euros ou un enfant affamé sur fond du graffiti “Need food not football” (“Besoin de nourriture, pas de football”). 
L’art de rue “a fait irruption dans la ville ces six dernières années, il sert de moyen de protestation en faisant sortir l’artiste de son atelier et en impliquant de nombreux acteurs sociaux dans cette intervention: des mairies, des directeurs d’écoles...”, note Panos Haralambous, président du département des arts plastiques de l’Ecole des Beaux-Arts. “Les murs d’Athènes méritent un peu plus de couleur et de gaieté”, estime le Français Franck Duval (FKDL), créateur de collages à l’origine mais qui s’est consacré depuis 2006 surtout à l’art urbain et a visité plusieurs villes dans le monde. Participant au festival pour la deuxième année consécutive, il explique que “par rapport à la crise”, il essaie “de s’intégrer au mieux et de fédérer d’une manière positive pour la population (...) car on fait tous les frais de cette crise, en Grèce ou ailleurs”. 
FKDL, avec l’espagnole Btoy et la coopérative internationale LosOstros, ont dessiné cette année sur les murs de la fondation cinématographique de Michel Cacoyannis, en s’inspirant d’Antony Quinn et Irène Pappas dans “Zorba le Grec”, le célèbre film de ce réalisateur gréco-chypriote, primé en 1964. 

AFP
Jeudi 17 Juillet 2014

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