Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

61 tués dans une frappe aérienne à Mossoul-Ouest




En un mois, environ 200.000 personnes ont fui les combats et les bombardements

La coalition internationale antijihadiste menée par les Etats-Unis enquête sur ses frappes aériennes contre le groupe jihadiste Etat islamique à Mossoul, en Irak, qui ont tué des dizaines de civils selon des témoins.
Des responsables irakiens et des témoins ont attribué à la coalition ces bombardements, qui ont tué des dizaines de personnes ces derniers jours dans l'ouest de Mossoul (nord). Le bilan n'est pas connu précisément, un responsable irakien évoquant jusqu'à "des centaines" de tués.
La coalition internationale a reconnu avoir bombardé le secteur où ces pertes civiles ont été rapportées. "A la demande des forces de sécurité irakiennes, la coalition a frappé des combattants et du matériel (de l'EI) le 17 mars à Mossoul-Ouest dans le secteur correspondant à des allégations de victimes civiles", a-t-elle indiqué dans un communiqué.
Elle a dit chercher à déterminer le "bien-fondé de ces allégations".
Au début du mois, cette coalition menée par Washington avait jugé "probable qu'au moins 220 civils aient été tués involontairement dans des frappes" effectuées par son aviation depuis le début en 2014 de ses opérations contre l'EI en Irak et en Syrie.
L'armée de l'air irakienne, qui bombarde également les jihadistes dans la deuxième ville du pays pour soutenir son infanterie, n'a elle jamais publié d'estimations de ses victimes civiles.
Les forces irakiennes ont lancé une offensive pour reprendre l'ouest de Mossoul le 19 février, après avoir repris l'Est en janvier.
En un mois, environ 200.000 personnes ont fui les combats et les bombardements, d'après les autorités irakiennes.
Samedi, Bachar al-Kiki, le chef du conseil de la province de Ninive, a fait état de "dizaines de corps encore ensevelis sous les décombres" après les bombardements aériens à Mossoul, sans préciser quand et où ces raids avaient eu lieu, ni qui les avait effectués.
Le gouverneur provincial Nawfal Hammadi a lui accusé la coalition d'avoir mené des frappes ayant tué "plus de 130 civils" dans le quartier Al-Jadida. Il a ensuite évoqué "l'ensevelissement de centaines (de corps) de martyrs dans les décombres des maisons d'Al-Jadida".
"Daech (acronyme arabe de l'EI) essaie de stopper par tous les moyens l'avancée des forces irakiennes. Il rassemble des civils (...) et les utilise comme boucliers humains", a déclaré M. Hammadi.
D'autres responsables ont parlé de centaines de morts dans plusieurs frappes sur plusieurs jours.
Omar Mohanned Sumayr et son oncle Manhal, des civils qui ont aujourd'hui fui Mossoul, ont assuré qu'un immeuble avec 170 personnes à l'intérieur avait été détruit alors que les combattants de l'EI étaient pourchassés depuis les airs.
"Des snipers de Daech sont montés (sur les toits), ils ont ouvert le feu sur les forces irakiennes" et un avion les a bombardés avec un missile, a affirmé Manhal. "Notre immeuble est à côté de celui qui a été détruit".
Un général irakien, sous couvert de l'anonymat, a indiqué que les frappes avaient endommagé plus de 27 bâtiments résidentiels, dont trois avaient été complètement détruits.
Cette possible bavure est la seconde attribuée à la coalition internationale cette semaine. Mardi, au moins 33 civils avaient péri en Syrie, dans la province de Raqa (centre) contrôlée majoritairement par l'EI, dans un bombardement aérien sur une école servant de centre pour les déplacés, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). L'OSDH a accusé la coalition.
Les militaires de la coalition avaient déjà été montrés du doigt la semaine passée pour un autre raid aérien qui aurait déjà fait des dizaines de victimes civiles dans une mosquée proche d'Alep (nord de la Syrie).
L'ONU a exprimé sa "profonde inquiétude" et appelé toutes les parties engagées dans le conflit à épargner les civils à Mossoul.
"Nous sommes abasourdis par ces terribles pertes humaines", a déclaré Lise Grande, la coordinatrice humanitaire de l'ONU pour l'Irak. "Rien n'est plus important que de protéger les civils."
Les combats se concentrent actuellement aux abords de la vieille ville, un dédale de petites rues densément peuplé, guère propice à l'avancée des blindés et où l'usage d'armes lourdes risque de mettre en péril les civils retenus par les jihadistes.
Il y aurait 400.000 habitants dans la vieille ville, selon un représentant du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) en Irak. Et environ 600.000 personnes se trouvent dans les zones encore tenues par l'EI, qui représentent 60% de Mossoul-Ouest.
Depuis le lancement il y a un mois de l'offensive sur Mossoul-Ouest, "201.275 personnes" ont fui les combats dans cette partie de la ville, a indiqué samedi le ministère irakien des Migrations et des Déplacés.
L'EI s'est emparé en 2014 de larges pans du territoire irakien, au nord et à l'ouest de Bagdad. Depuis, les forces de sécurité l'ont chassé de l'essentiel de ces secteurs et Mossoul-Ouest constitue le dernier bastion urbain du groupe jihadiste en Irak.

Libé
Lundi 27 Mars 2017

Lu 459 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito









Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs