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30 juillet 1972: Abdelouahed Radi : le début de la préparation d'une nouvelle ère




 30 juillet 1972: Abdelouahed Radi : le début de la préparation d'une nouvelle ère
Evènement très important dans l'histoire du parti. Il était, en fait, l'annonce de la fin d'une période dans laquelle le parti portait le nom de l'Union nationale des forces populaires (UNFP) avec ses tendances politiques et ses dirigeants. Il était, d'une autre manière, le début de la préparation du Congrès extraordinaire tenu en 1975 et la naissance de l'Union socialiste des forces populaires (USFP). Le 30 juillet 1972 était le début d'une nouvelle étape.
Dès la constitution de l'UNFP en 1959, deux tendances sont apparues au sein du parti : l'aile politique constituée autour de Mehdi Ben Barka, Abderrahim Bouabid, Abderrahmane El Youssoufi et Mohamed Basri d'une part, et l'aile syndicaliste constituée autour de Mahjoub Benseddik et Moulay Abdellah Ibrahim d'autre part.
Cette dualité explique les crises dont a souffert l'UNFP durant les années 60 et 70. L'on peut dire que la crise était profonde, car elle concernait des questions importantes et organisationnelles, ce qui a constitué une entrave à la vie du parti et sa gestion. Devant cette situation, quelques dirigeants du parti membres de la Commission administrative et du Conseil national, et en concertation avec Abderrahim Bouabid, ont pris cette décision du 30 juillet. Tous les Ittihadis à travers le pays l'ont appuyée.
Le 30 juillet était la ligne de démarcation entre les deux ailes et le début de la préparation d'une nouvelle ère qui a abouti à la tenue du Congrès extraordinaire en 1975. Ce dernier a élu une direction homogène sous la direction d'Abderrahim Bouabid, et il a aussi élaboré un projet sociétal, une vision de l'avenir, un programme économique et social. Le congrès était un tournant historique, car il a abouti à l'option démocratique.
L'histoire a montré qu'il s'agit d'un programme qui s'inscrit dans le long terme. Il a nécessité un travail de longue haleine. La preuve en est que ses fruits ne sont apparus qu'au cours des années 90 et ont abouti aux réformes constitutionnelles et économiques, à l'alternance consensuelle et, partant, aux réformes des dix dernières années, à la réforme constitutionnelle de 2011 et à l'alternance par les urnes.   
La décision du 30 juillet était importante parce qu'elle a conduit au choix de la lutte démocratique qui a mis le Maroc sur la voie du développement et du changement, et la victoire des valeurs démocratiques, des droits de l'Homme, des libertés, des droits de la femme, de l'équité et de la modernité.
La décision du 30 juillet a marqué la fin de l'inertie du parti. Elle était la deuxième Intifada après celle de 1959. C'était une décision douloureuse mais nécessaire parce que le parti était paralysé et il fallait que chacun tranche et choisisse.

Repères

1972
-  Décisions historiques du 30 juillet par le biais desquelles la Commission Administrative de l’U.N.F.P. rompt avec la direction bureaucratique de l’Union Marocaine du Travail (U.M.T.) qui voulait imposer l’inertie au parti. Lors de cette réunion, Abderrahim Bouabid déclare : « Il est devenu évident, à la fin, que notre conception du parti et de la lutte ne pouvait converger avec la leur. Ils refusent que de nouveaux militants de la base accèdent aux responsabilités du parti. Ils s’opposent à la critique. Les militants de notre parti (...) veulent qu’il soit un parti qui continue la lutte pour la libération, la démocratie et le socialisme ».
- Le Comité central de l’U.N.F.P. se réunit le 8 octobre à Casablanca et adopte, après le rapport présenté par Abderrahim Bouabid et les interventions des représentants régionaux du parti, une déclaration sur la situation du pays qui demande, notamment, la mise en vigueur d’un plan national pour la libération du Sahara marocain et de Sebta et Melillia.
- Abderrahim Bouabid répond, au nom de la Commission administrative de l’U.N.F.P. à une lettre Royale datée du 23 septembre. Dans cette réponse, il formule la position de l’U.N.F.P. pour le dépassement de la situation politique du pays. Il y propose, notamment, l’élection au suffrage universel d’une Assemblée nationale constituante dotée, également, d’un pouvoir législatif.

1973
-       Le 21 janvier, le Comité central de l’U.N.F.P. tient une session ordinaire à Fès, une semaine après l’envoi à Mohamed Elyazghi et à Omar Benjelloun de colis piégés. A l’issue de cette réunion, le Conseil central publie une déclaration où il souligne que les vagues d’arrestations et d’enlèvements qui ont repris et se sont élargies pendant les dernières semaines et les derniers mois ne peuvent ébranler la volonté des masses et ne peuvent détourner les militants progressistes et nationaux de la continuation de la lutte.
- Dans le cadre de l’affaire dite d’atteinte à la sécurité de l’Etat, les militants de l’U.N.F.P. sont traduits devant le Tribunal Militaire de Kénitra. Pour empêcher Abderrahim Bouabid de défendre les accusés, il est cité comme témoin dans le procès.
- A l’issue du procès, les responsables du Parti innocentés sont enlevés et séquestrés dans un lieu qui demeurera secret pendant toute une année.

1974
- Après une réception royale accordée à Abderrahim Bouabid, certains militants de l’U.N.F.P. recouvrent leur liberté.
- Le 15 septembre, le Comité central tient une importante session à Rabat pour étudier la situation du parti. Il décide, pour mettre fin à tout amalgame, de changer le nom du parti en Union socialiste des forces populaires (U.S.F.P.). Il institue, en outre, la règle du centralisme démocratique et délimite les responsabilités des instances du parti. Le Comité central souligne, aussi, le fait que l’U.S.F.P. agit dans le cadre de la légalité en vue de l’élargir et que c’est la politique de répression et d’étouffement des libertés qui constitue une violation de la légalité.

1975
- Le 10 janvier se sont ouvertes, à Casablanca, les assises du Congrès extraordinaire de l’U.S.F.P. Le congrès définit, clairement, les options de l’U.S.F.P. et fait la liaison entre les trois volets de sa lutte : la libération, la démocratie et le socialisme. Abderrahim Bouabid présente le rapport politique du Congrès qui l’élit Premier secrétaire du parti. Cette élection sera renouvelée lors des trois autres congrès du Parti des forces populaires. A la suite du Congrès extraordinaire, les instances locales tiennent leurs congrès provinciaux.
(Chronologie établie par la Fondation Abderrahim Bouabid)

Libé
Lundi 30 Juillet 2012

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1.Posté par EL KARKRI MOHAMED le 17/11/2012 15:47
il faut passer le 9eme concgré nationnal de usfp dans un bon climat à fin de choisir le bon secrétaire

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