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30.000 manifestants battent le pavé à Casablanca : Pour que cesse l'effusion de sang en Syrie




30.000 manifestants battent le pavé à Casablanca : Pour que cesse l'effusion de sang en Syrie
Combien étaient-ils hier à manifester à Casablanca pour demander la fin de l'effusion de sang en Syrie ? Des centaines ? Des milliers ? Des centaines de milliers ? Ils étaient 30.000, mais peu importe les chiffres ni leurs sources. Ils n'ont aucune importance dans le cas d'espèce puisqu'il s'agissait davantage d'un cri du cœur que d'une simple action revendicative.
A l'appel du Collectif de soutien au peuple syrien dont la commission régionale de l'USFP dans le Grand Casablanca a soutenu l'action, Sahet Sraghna était noire de monde, ce dimanche. Des jeunes et des moins jeunes, des activistes des droits de l'Homme, des membres d'ONG, des militants des partis politiques et des syndicats nationaux et des membres de la communauté syrienne établie au Maroc y sont venus dénoncer la répression aveugle qui s'abat sur le peuple syrien,
Le choix de cette place pour le départ de la marche a été peut-être fortuit ou dicté par des considérations sécuritaires, mais il est on ne peut plus symbolique. Cette place est située au centre de Charîi El Fida, l'ex-boulevard de Suez dont le nom évoque à la fois la répression initiée dans le cadre de ce que les historiens ont appelé « La souricière », l'unité de destin de tous ceux qui luttent pour l'émancipation puisque la manifestation organisée l'avait été à la suite de l'assassinat du leader syndicaliste tunisien Ferhat Hachad, et l'émergence sous une forme organisée d'une autre force motrice du mouvement qui a bouté la colonisation hors du Maroc, en l'occurrence les travailleurs.
Signe des temps : au moment où les manifestants ont commencé, hier, à se regrouper à Sahet Sraghna, les agences de presse dressaient leur premier bilan macabre de la journée : vingt-deux personnes, dont douze civils, étaient tombées en Syrie où le régime organisait un référendum sur une nouvelle Constitution qui devait permettre au président Bachar al Assad de rester au pouvoir jusqu'en 2028.
Il s'agissait de la troisième farce référendaire organisée par ce dernier depuis son accession au pouvoir en 2000. Cette année-là, 97,29% des votants auraient dit « oui » pour qu'il prenne la succession de son père Hafez à la présidence du pays. En 2007, 97,62% des électeurs lui auraient également apporté leur soutien pour un nouveau mandat de sept ans et il ne faisait aucun doute que les résultats des urnes allaient friser, hier aussi, des sommets aussi ridicules. Ce qui forçait la même et sempiternelle question : jusqu'où pareil régime pourra-t-il impunément aller dans sa folie criminelle ? Depuis le début de la contestation, à la mi-mars 2011, les victimes, civiles en grande majorité, n'ont cessé de s'accumuler. Des innocents tombent chaque jour aux quatre coins du pays. Mais Alep, Homs, et bien d'autres localités rebelles, sont devenues des villes martyres. Leurs habitants vivent l'enfer au quotidien. Encerclés par l'armée, ils n'ont presque plus de vivres, les médicaments font défaut, pendant que les bombardements, aveugles ou ciblés, rythment la vie et la mort. De surcroît, par peur des représailles du régime, la population n'ose souvent pas approcher les organisations humanitaires pour de l'aide.
Le régime brave les appels du peuple lui-même, des Etats-Unis, de la Turquie, de la Ligue arabe, de l'Union européenne et des Nations unies pour arrêter la violence. Les annonces de réformes et d'un dialogue sont en réalité allées de paire avec davantage de répression. La perspective de réformes a disparu, et c'est pourquoi tous les pays épris de justice ont appelé le président Assad à quitter le pouvoir.
L'impossible bilan du bain de sang reste à faire. Six mille, sept mille tués ? Plus ? Pendant ce temps, l'impitoyable « raïs » répète sa vérité, comme lundi encore : « La Syrie est prise pour cible par des groupes armés soutenus par des factions étrangères visant à déstabiliser le pays et à miner tout effort de résolution de la crise. » La Russie et la Chine, de leur côté, continuent imperturbablement à soutenir le régime.
Les trêves quémandées ici et là, les couloirs humanitaires réclamés à l'ONU : ces solutions temporaires sont certes impératives car d'innombrables vies restent en jeu, mais elles sont insuffisantes.
Mais si ce régime n'est pas soumis à une pression plus menaçante, il finira par lancer l'assaut, comme à Hama en 1982 (entre 15.000 et 40.000 morts).
La marche de Casablanca l'a rappelé haut et fort. Encore faut-ils que ses leitmotivs soient entendus par tous. Tant au Maroc qu'à travers le monde.

L.M
Lundi 27 Février 2012

Lu 927 fois


1.Posté par futurbarbu le 27/02/2012 17:14
Cette ligue "arabe "qui condamne le régime du baath en syrie a-t-elle un jour pensé soulever la question de la démocratisation des pays arabes pour éviter de tels bains de sang en tunisie ,en égypte ,au yeman et aujourd'hui en syrie .,non bien sur car cette ligue est dominée par les obscurantistes des pays arabes ,cette ligue oublie qu'un droit élémentaire de conduite de voiture est banni dans un pays membre de la ligue devenue obeissante à l'occident qui ne cherche que son interet menacé par l'emergence économique de la chine .

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