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2ème Congrès des universités arabes du 21 au 24 décembre à Marrakech

L’impératif de l’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur




2ème Congrès des universités arabes du 21 au 24 décembre à Marrakech
L’amélioration de la qualité de l’enseignement notamment supérieur semble être l’un des défis majeurs auxquels le Monde arabe doit, désormais, faire face. Ce constat fait l’unanimité d’un ensemble d’experts et d’universitaires arabes présents à Marrakech depuis dimanche 21 décembre et jusqu’au 24 de ce mois, pour prendre part aux travaux du deuxième Congrès des universités arabes. Plus d’une centaine de spécialistes des questions éducatives et pédagogiques venus de 14 pays arabes ont donc fait le déplacement à Marrakech pour donner leur avis, échanger leurs connaissances et leurs expériences et examiner ensemble les différents mécanismes susceptibles de garantir la promotion de l’enseignement supérieur dans le Monde arabe.
Initié sous le thème «Les universités arabes : défis et ambitions », par l’Organisation arabe pour le développement administratif, ce Congrès constitue une opportunité pour se focaliser sur la réalité des établissements universitaires dans les pays arabes, tout en jetant la lumière, de façon objective, sur leurs contraintes ainsi que sur les différentes approches à même d’améliorer leur situation et renforcer davantage leur rendement. Selon les organisateurs, cette rencontre est appelée à servir aussi de plate-forme à une réflexion sérieuse sur des stratégies « claires et précises » pour réussir une réforme en profondeur des universités arabes. La séance d’ouverture de ce Congrès a été marquée par la présence d’experts et de responsables de l’Organisation arabe pour le développement administratif et a servi d’occasion pour discuter de plusieurs questions ayant trait, entre autres, aux défis imposés à l’administration arabe en général, notamment à l’heure où le monde actuel traverse une conjoncture économique difficile, marquée par une crise financière aiguë, dont les dimensions sont encore incertaines et les conséquences déjà très pesantes. Concernant la question de la réforme de l’enseignement universitaire, ils ont estimé qu’une telle initiative doit être inscrite dans le cadre d’un projet de réforme globale qui touchera les différents secteurs socio-économiques. Une réforme globale devenue indispensable, en raison de l’impact de la crise mondiale sur les économies et les différents secteurs productifs des pays arabes.
Les différents intervenants sont unanimes à souligner également que cette crise aura, sans nul doute, des répercussions néfastes sur le secteur de l’enseignement supérieur dans le Monde arabe, notant que cela peut se traduire par une réduction des sources de financement des établissements universitaires.  Et de poursuivre que cette régression des moyens financiers ne sera pas sans affecter, de façon systématique, le rendement de ces établissements et la qualité des formations dispensées.
   Ils ont, dans ce contexte, jugé nécessaire de rappeler que les universités publiques arabes connaissent, depuis des années, de sérieuses difficultés liées, entre autres, à la surcharge, à la faiblesse des moyens de financement, à la défaillance et à la vétusté des équipements mis à leur disposition, faisant constater qu’une telle donne explique clairement la faiblesse et la modestie de la recherche scientifique mais aussi, la piètre qualité des formations dispensées.
Les participants n’ont pas manqué d’affirmer aussi que les universités arabes sont appelées à connaître de fortes pressions dans les années à venir, dues essentiellement à une augmentation effrénée du nombre des étudiants, en raison notamment d’un changement des mentalités dans le Monde arabe, de la conviction des familles quant à la nécessité de former leurs enfants, de la généralisation des programmes de lutte contre l’analphabétisme et de la promotion de la scolarisation de la femme.   Ils ont, en outre, relevé le déséquilibre existant dans les politiques de financement des établissements d’enseignement supérieur d’un pays à l’autre, tout en soulignant la nécessité de tirer profit des expériences réussies dans ce domaine, notamment celles qui ont donné des résultats satisfaisants dans certains pays occidentaux, en l’occurrence les USA, la France et la Grande-Bretagne, ou dans certains pays asiatiques comme la Chine et le Japon.  Ils ont plaidé en faveur de l’interventionnisme de l’Etat, seul capable de concevoir des stratégies claires et de mobiliser l’ensemble des moyens nécessaires à la promotion et au développement du secteur de l’enseignement supérieur. L’objectif étant d’immuniser ce secteur et le rendre plus apte à jouer son rôle. Sur l’augmentation excessive du nombre des universités et instituts privés d’enseignement supérieur dans le Monde arabe, ils ont tenu à souligner que ce phénomène très en vogue actuellement, n’est pas négatif, mais ne permet pas d’apporter des solutions adéquates aux différents problèmes que connaît le secteur de l’enseignement.   C’est dire, selon eux, que ces institutions privées ne garantissent pas dans tous les cas une bonne formation, et ne peuvent en aucun cas remplacer les universités publiques, surtout qu’elles restent souvent régies par des objectifs purement commerciaux et lucratifs. Après l’établissement d’un diagnostic minutieux de la réalité de l’enseignement supérieur, les participants ont estimé nécessaire de se focaliser sur un certain nombre de sujets pouvant apporter quelques solutions « pratiques », « réelles » et « efficientes » à la crise de l’enseignement dans le Monde arabe.
Pour ces experts avertis, la conjugaison des efforts des différentes parties concernées par la question de l’enseignement, l’établissement de partenariats édifiants, la diversification des ressources de financement, l’adaptation des programmes de formation aux exigences et aux besoins du marché de l’emploi, la promotion des compétences parmi les enseignants et les formateurs et de la créativité chez les étudiants et l’encouragement de la recherche scientifique, sont quelques mesures à mettre en œuvre pour permettre aux universités arabes de s’acquitter de leurs nobles missions dans les meilleures conditions possibles. Ils ont relevé aussi l’obligation d’élaborer des programmes clairs de formation et d’exercer un suivi permanent des différentes activités de l’université, de façon transparente, à travers la mise en place de conseils spécialisés et où les membres seront choisis en prenant en considération leurs compétences et expériences, au lieu de considérations d’ordre « administratif » ou « bureaucratique ».
Les participants ont mis l’accent également sur l’impératif d’inclure la réforme des universités arabes dans les politiques gouvernementales et de convaincre les décideurs de la nécessité de placer désormais la question de l’enseignement au centre de leurs préoccupations.
Lors de ce Congrès de quatre jours, les discussions devront porter sur d’autres questions d’intérêt commun pour tous les pays arabes et ayant trait au « contenu et dimensions de la réforme universitaire », à « l’amélioration de la qualité du rendement et la réforme des universités »,  aux « problématiques et défis de la réforme des universités », et  aux « stratégies de réforme des universités ».


M.R
Mardi 23 Décembre 2008

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