Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

297 juges en attente d’affectation depuis sept mois

Ayant achevé leur formation le 26 janvier dernier, ils ne vivotent que grâce aux bourses de l’ISM




297 juges en attente d’affectation depuis sept mois
Depuis plus de sept mois, les 297 lauréats de la 37ème promotion de l’Institut supérieur de la magistrature (ISM) de Rabat sont en attente de leur affectation. Ayant achevé leur formation le 26 janvier dernier, ils souffrent d’une «mise en attente forcée».
La raison : le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire tarde à trancher sur les mutations des magistrats en exercice.
Cette situation a été fortement critiquée par le Club des magistrats du Maroc. Contacté par Libé, le président de celui-ci, Yassine Moukhli, nous a précisé que le «retard enregistré au niveau de l’attribution des postes des nouveaux juges et de la mutation des juges en exercice écorne le principe   de la gouvernance judiciaire instauré par la nouvelle Constitution» et consacre «la logique qui avait cours avant son adoption».
Pour lui, cette situation donne des signaux négatifs sur la capacité du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire «de jeter les jalons de la bonne gouvernance».
Outre ce fait,  ce retard dénote, selon notre interlocuteur, «l’absence d’une vision stratégique des différents volets qui forment le champ d’action dudit conseil».
Pour preuve, a-t-il poursuivi, «il était de notoriété publique que ces magistrats allaient achever leur formation le 26 janvier dernier».
Concernant les assertions imputant le retard en question à la mise en application de la réforme de la justice dès le mois prochain, le président de l’Association la plus représentative des magistrats du Maroc nous a expliqué qu’il s’agit de simples rumeurs alimentées tant par «l’absence de transparence au niveau du Conseil», que par «le manque de communication de la part de ce dernier». «Cette institution ne communique pas avec les juges, ce qui laisse la porte ouverte face à de telles «informations  infondées», nous a-t-il précisé à ce propos. Ce qui n’est pas de nature à servir les intérêts de la justice et surtout des justiciables. Ceci d’autant plus que le Maroc, qui souffre d’un manque flagrant de magistrats en exercice dont le nombre ne dépasse pas les 3500, bat des records mondiaux en matière du nombre de dossiers traités par chaque magistrat.
La moyenne mondiale pour un juge de première instance est de 1200 dossiers par an. Chez nous, elle varie entre 5000 et 10.000 affaires. Pis à Casablanca, elle est de 300 par jour.
 Quant aux actuels magistrats en attente d’affectation, ils devront s’armer de patience et ne vivre qu’avec les 4.100 DH qu’ils perçoivent mensuellement comme bourse d’études s’ils ne résident pas à la cité universitaire de l’Institut supérieur de la magistrature ou avec 2.600 DH dans le cas contraire, dans l’attente des 9000 DH mensuels qu’ils ne toucheront qu’après régularisation de leur situation.

Mohammed Taleb
Jeudi 29 Août 2013

Lu 874 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs