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21 lycéennes du Nigeria libérées par Boko Haram




Vingt-et-une lycéennes de Chibok, enlevées par Boko Haram il y a plus de deux ans, ont été libérées par leurs ravisseurs après des négociations entre le gouvernement nigérian et le groupe jihadiste, et leur identité devrait être dévoilée après confirmation par leurs familles.
La présidence nigériane a affirmé dans un communiqué que cette libération avait eu lieu après des négociations facilitées par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le gouvernement suisse.
Arrivées à Abuja, où leur identité devra être confirmée par leur famille avant d'être dévoilée à la presse, les lycéennes libérées recevront un suivi médical et psychologique.
Le vice-président nigérian Yemi Osinbajo a qualifié leur libération de "très bonne nouvelle pour le pays tout entier", indiquant qu'elles "sont relativement en bonne santé compte tenu des conditions dans lesquelles elles ont été retenues".
Les autorités espèrent que cette nouvelle étape aidera à retrouver les 197 autres jeunes filles toujours entre les mains de Boko Haram depuis avril 2014.
Les lycéennes ont été échangées contre quatre combattants de Boko Haram dans la ville de Banki, à la frontière du Cameroun, selon des sources locales, mais le ministre de l'Information a été catégorique: "Ce n'était pas un échange".
La présidence avait révélé le mois dernier que de précédentes négociations avec Boko Haram avaient échoué, notamment à cause des récentes divisions à la tête du groupe islamiste ou parce que le gouvernement était réticent à accéder aux demandes du groupe.
Parmi les 276 lycéennes enlevées par Boko Haram le 14 avril 2014, 57 avaient réussi à s'échapper juste après le rapt, et l'une d'entre elles a été retrouvée par l'armée au mois de mai, avec son mari, un combattant, et leur enfant âgé de 4 mois.
Relayé par les médias du monde entier, ce kidnapping de masse a provoqué une vague d'indignation massive, notamment sur Twitter sous le hashtag #Brinbackourgirls ("Ramenez-nous nos filles"), relayé jusqu'à la Maison Blanche par la première dame, Michelle Obama.
Le retour des "filles de Chibok" avait été l'un des points forts de la campagne du candidat Muhammadu Buhari, finalement élu en mai 2015. Le président a depuis lors essuyé les critiques pour n'avoir pas réussi à les retrouver.
"Ce n'est qu'une première étape, et nous pensons que cela nous conduira à la libération de toutes les filles", a déclaré le ministre de l'Information, Lai Mohammed. "Cela ne veut pas dire que nous mettons fin aux opérations militaires mais cela pourrait être une autre manière de conduire les contre-offensives dans cette guerre contre la terreur", a-t-il ajouté.
Même si cette annonce est un signe encourageant, les experts soulignent que Boko Haram est toujours une force relativement importante et divisée en plusieurs factions ennemies qui se déchirent pour le contrôle de la région.
Mercredi, une bombe a fait huit morts dans une gare routière de la capitale du Borno, Maiduguri.
Les chefs d'état-major des armées des pays du lac Tchad (Nigeria, Tchad, Niger, Cameroun et Bénin) se sont réunis jeudi à Niamey pour préparer l'assaut "final" contre le groupe islamiste nigérian.
"La présente rencontre a pour objet de préparer la phase finale de l'éradication de Boko Haram dans notre espace", a déclaré Hassoumi Massoudou, le ministre nigérien de la Défense, à l'ouverture de la réunion.
Le Niger, le Tchad et le Nigeria ont lancé quasi-simultanément en juillet des "opérations de ratissage" contre les fiefs de Boko Haram. Ces "opérations ont donné des résultats décisifs notamment en libérant plusieurs localités autrefois occupées par Boko Haram", a assuré M. Massoudou.
Selon le ministre, "l'espoir d'une sortie prochaine de l'état de guerre dans le bassin du lac Tchad", pointe même déjà.
L'insurrection de Boko Haram a fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009.

Samedi 15 Octobre 2016

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