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186.300 enfants meurent chaque année dans des accidents de la circulation










Dix stratégies pouvant contribuer à mieux les protéger sur la route, selon l’OMS



«Il n’existe pas de mesure unique permettant de répondre de manière appropriée à l’ensemble des risques auxquels les enfants sont confrontés sur la route», a reconnu dernièrement l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 
Toutefois, a estimé l’organisation onusienne, « il existe des mesures distinctes que chaque famille, chaque communauté et chaque pays peut adopter pour améliorer la sécurité routière pour les enfants ». 
L’OMS, qui se réfère au « Plan mondial pour la Décennie d’action pour la sécurité routière 2011–2020 », qui met justement l’accent sur les actions devant être faites pour améliorer la sécurité routière, rappelle que toutes les quatre minutes, un enfant perd prématurément la vie sur les routes. Tandis que des centaines d’autres sont blessés, pour beaucoup gravement.
Les chiffres publiés par l’organisation indiquent que ”les accidents de la route entraînent 1,24 million de décès par an environ et que plus de 91% des décès sur les routes surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire possédant environ la moitié du parc mondial de véhicules. Tandis que la moitié des personnes tuées sur les routes sont des «usagers vulnérables». C’est le cas des piétons, cyclistes et motocyclistes, entre autres.
Les accidents de la route constituent la première cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans, relève  l’OMS précisant que «186.300 enfants meurent chaque année dans des accidents de la circulation, soit plus de 500 enfants chaque jour. De fait, les traumatismes dus aux accidents de la circulation figurent parmi les quatre premières causes de décès pour tous les enfants de plus de cinq ans ».
Ces chiffres indiquent également que les enfants les plus exposés au risque de décéder dans un accident de la circulation vivent dans les pays à revenu faible et intermédiaire, où se produisent 95 % des décès d’enfants imputables aux accidents de la route.
Une analyse approfondie de ces données suggère que les accidents de la circulation sont responsables de près de deux fois plus de décès chez les garçons que chez les filles dans le monde. Cela serait dû au fait que les garçons s’exposent plus à la circulation et que ces derniers, en particulier des adolescents, sont plus attirés par les conduites à risque.
Quelles qu’en soient les causes, l’OMS a souligné il y a quelques mois que « les accidents de la route entraînent des pertes économiques considérables pour ceux qui en sont victimes, leur famille et les pays dans leur ensemble ». Et pour cause, « ils nécessitent des traitements coûteux (y compris pour la réadaptation) et des enquêtes, et entraînent une perte de productivité (et de revenu) pour la victime et les membres de sa famille qui doivent interrompre leur travail (ou s’absenter de l’école) pour la prendre en charge ».
S’il existe peu d’estimations mondiales sur le coût des accidents de la route, un calcul effectué en 2000 a indiqué que celui-ci s’élèverait à environ 518 milliards de dollars. 
Par ailleurs, a-t-on ajouté, « des estimations nationales ont montré que les accidents de la circulation coûtaient aux pays de 1% à 3% de leur produit national brut et qu’au niveau des familles, ils entraînaient une augmentation des emprunts et de l’endettement et même une baisse de la consommation de nourriture».
Il est à souligner que plusieurs mesures ciblant plus particulièrement les enfants ont été décrites dans le fameux « Plan mondial pour la Décennie d’action pour la sécurité routière 2011–2020 ». Celles-ci visent à réduire un tant soit peu cette hécatombe.
Pour que les enfants soient en sécurité sur les routes, le plan exhorte les gouvernements à adopter des lois concernant les principaux risques, notamment sur la vitesse, la conduite en état d’ivresse, le port du casque, l’utilisation de la ceinture de sécurité et des dispositifs de sécurité pour enfants, et de faire appliquer la législation existante; à construire des routes et à obliger les constructeurs automobiles à fabriquer des véhicules disposant des caractéristiques appropriées en matière de sécurité et à se doter de systèmes permettant de prodiguer rapidement des soins d’urgence aux victimes d’accidents de la circulation.
Ainsi, il est important de limiter la vitesse des véhicules pour protéger les enfants sur les routes et de réduire l’alcool au volant, sachant que « les jeunes conducteurs inexpérimentés dont l'alcoolémie est de 0,5 g/l sont exposés à un risque d'accident de la circulation 2,5 fois supérieur à celui des conducteurs plus âgés, et plus expérimentés ».
Le plan recommande aussi d’utiliser le casque à vélo et à moto, considéré comme la stratégie la plus efficace pour les enfants de réduire le risque de traumatisme crânien lors des déplacements à vélo ou à moto; d’utiliser les dispositifs de retenue pour enfants passagers d’un véhicule qui « réduisent la probabilité de décès dû à un accident de la circulation d'environ 70 % chez les nourrissons et de 54% à 80 % chez les jeunes enfants »; d’améliorer la capacité des enfants à voir et être vus; d’améliorer les infrastructures routières et d’adapter la conception des véhicules selon des normes pouvant contribuer à la sécurité des enfants à la fois à l’intérieur et à l’extérieur d’un véhicule.
Insistant sur la nécessité de réduire les risques pour les jeunes conducteurs, le plan rappelle également que « là où des programmes d'obtention progressive du permis de conduire existent, les accidents de la circulation dans cette classe d'âge ont reculé de pas moins de 46 % ». 
Il est à noter que les enfants, du fait de leur jeune âge et de leur incroyable capacité de récupération, tireront parti de la rapidité et de la qualité des soins aux victimes de traumatismes comme nul autre groupe de population. C’est pourquoi, recommande-t-on, il est important de fournir des soins appropriés aux enfants blessés.
Naturellement,  il est important de surveiller les enfants à proximité des routes tout en chassant que les décès et les traumatismes dus aux accidents de la circulation sont parfaitement évitables, conclut l’OMS.
Pourtant, et malgré les lourdes conséquences des accidents de la route sur les économies des pays et le coût exorbitant des traitements qui en découlent, fort est de constater que seuls 28 pays, comptant 416 millions d’habitants au total (soit 7% de la population mondiale), disposent d’une législation adéquate concernant les cinq facteurs de risque d’accident de la route. A savoir : la vitesse, la conduite en état d’ébriété, le non-port du casque ou de la ceinture de sécurité et la non-utilisation de dispositifs de sécurité pour enfants.
Si rien n’est fait, prévient l’organisation, les accidents de la route entraîneront 1,9 million de décès par an environ d’ici 2020.


Alain Bouithy
Vendredi 31 Juillet 2015

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