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13ème anniversaire de la disparition de Mohamed Choukri

Retour sur le parcours iconoclaste d'un romancier hors pair




Mohamed Choukri était un blessé de la vie, un de ces hommes qui, dès la naissance, a fait connaissance avec l’arbitraire et l’injustice

Une brochette d'acteurs du monde de la culture à la ville du Détroit ont célébré le 13ème anniversaire de la disparition de feu Mohamed Choukri, une occasion pour se remémorer le parcours littéraire iconoclaste d'un romancier hors pair ayant marqué de son empreinte la création contemporaine. Cette célébration, qui a eu lieu vendredi dernier, est aussi une occasion pour s'arrêter sur la vie littéraire du défunt écrivain et ses contributions colossales pour imposer un genre littéraire qui, bien qu'il ait suscité de nombreuses controverses aussi bien en termes de contenu que de forme, a accordé une nouvelle dimension à la littérature en abordant des sujets rarement approchés par les hommes de plume. A travers ses romans et récits hors pair, feu Mohamed Choukri a su conquérir le cœur des simples lecteurs mais a su aussi attirer l’attention des critiques et des chercheurs, qui voyaient dans ses créations une particularité dans la description de la réalité, en divulguant des questions sociétales "audacieuses" brisant ainsi le silence sur des sujets jadis tabou. Malgré l'attachement du défunt romancier à la ville de Tanger qui l'a vu grandir, il jouissait d'une grande notoriété à l'échelle nationale et internationale et a été longtemps considéré comme l'une des figures emblématiques de la littérature marocaine contemporaine ayant contribué à la construction d'un édifice littéraire dépassant les frontières vers un monde cosmopolite. Sa littérature est devenue "une école" distinguée par son talent de narrateur et sa détermination de braver des conditions peu favorables en continuant sur le chemin qu'il s'est tracé, reflétant ainsi sa personnalité "bohémienne". Sans doute, le défunt écrivain fut une personne peu ordinaire, mais cela n'a pas empêché ses fans et ses amis de le considérer non seulement comme étant un talent, mais également comme un mode littéraire singulier qu'il a inauguré lui-même et qui lui a valu une célébrité et une popularité incomparables tant au Maroc qu'à l'étranger. Malgré l'écoulement de 13 ans depuis sa disparition, Mohamed Choukri, dont le nom reste associé à celui de Tanger, mérite plus qu'une distinction, puisqu'il a su traduire dans ses récits et romans autobiographiques les frustrations d'une existence malheureuse, sans pour autant tomber dans le misérabilisme et céder à l’amertume, perpétuant son nom dans la mémoire littéraire du Maroc. La célébration de son anniversaire reste aussi une occasion pour consacrer le principe de la reconnaissance du grand apport littéraire de l'auteur du best-seller "Le pain nu", "Le temps des erreurs", "Le fou des roses", "Zoco chico" et "Paul Bowles, le reclus de Tanger", entre autres.
«Ayant traduit son autobiographie et trouvé un titre «Le pain nu», je pense être bien placé pour parler de l’homme et de l’écrivain», écrit l’écrivain marocain, Tahar Ben Jelloun, dans un papier paru récemment sur «le360.ma». «Mohamed Choukri était un blessé de la vie, un de ces hommes qui, dès la naissance, a fait connaissance avec l’arbitraire et l’injustice», ajoute-t-il. «Ses blessures étaient nombreuses et certaines bien profondes. Sa vie avait commencé dans la violence, celle d’un père sans scrupules dans un Rif brutal et féroce. Il avait réussi à échapper à cet enfer quotidien et à apprendre à lire et à écrire assez tardivement. Ensuite, il a connu d’autres violences à Tanger et aussi des aventures très limites pour ne pas mourir de faim. Tout cela «Le pain nu» le raconte avec des détails stupéfiants», poursuit Tahar Ben Jelloun, avant de préciser que «c’est un écrivain qui n’a pas eu à inventer sa vie, il lui a suffi d’égrener devant moi  ses souvenirs encore brûlants. Il n’avait pas de manuscrit de son autobiographie. Tous les matins, il venait avec des pages écrites durant la nuit et je les traduisais en sa présence. Il lui est arrivé d’être à sec et de me dire : «J’ai pas pu écrire cette nuit». Il me parlait, mais je tenais à ce qu’il rédigeât ce qu’il me racontait», a conclu l’écrivain marocain.

Mehdi Ouassat
Mercredi 23 Novembre 2016

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