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12 millions de DH détournés des caisses de l’Association Souss-Diabète

Le président mis en accusation par la justice




12 millions de DH détournés des caisses de l’Association Souss-Diabète
L’Association Souss-Diabète d’Ait Melloul  est au cœur d’un scandale. Le président actuel de l’association, Lahcen Oufaress, est accusé d'avoir détourné l'argent destiné aux malades adhérents de l’association. Le juge d’instruction près la Cour d’appel d’Agadir, Abdelali Dlimi, vient de déférer cette affaire devant la justice pour  « trahison de confiance et détournement de fonds», conformément aux dispositions de l’article 547 du Code pénal. «Des membres avaient bien tenté de dénoncer des irrégularités dans la gestion de l’association, laquelle compte actuellement 8000 adhérents. Mais à chaque fois, le président s’offusquait et réussissait discrètement à refermer la boîte de Pandore», soutiennent des sources proches du dossier. Il a fallu attendre les plaintes de Hassan Bigadern et Houceine Al Abid, deux diabétiques et anciens membres du bureau de l’association, contre le président actuel, pour que le scandale éclate au grand jour. 
Les faits remontent au 6 mars 2012 avec le dépôt de la requête de ces deux malades demandant l’ouverture avec diligence d’une enquête pénale au sujet de supposées «  irrégularités ayant entaché la gestion de l’association ». 
Sur les huit dernières années, selon les dires de Hassan Bigadern, «c’est au moins 1,200 milliard de centimes qui ont été détournés». 
Ce montant figure dans l’acte d’accusation du président Lahcen Oufaress, dont le procès s’ouvrira dans les jours à venir à Agadir, indique Hassan Ternaoui, avocat des plaignants. 
La méthode usitée pour détourner les deniers de l’association paraît simple, affirme Hassan Bigadern. «Le président déposait l’argent sur son compte bancaire personnel alors que l’association dispose du sien depuis sa création en 1998 », avance-t-il. 
Dans leurs déclarations devant le juge d’instruction, les deux plaignants ont, en effet, souligné que «toutes les recettes provenant des ventes de médicaments n’étaient pas virées sur le compte de l’association mais plutôt sur celui du président Lahcen Oufaress ». 
« Rien qu’en vente de médicaments, l’association encaisse, chaque mois, quelque 30 millions de centimes. Ce qui veut dire que le montant détourné par le président, durant ces huit dernières années, s’élèverait facilement à plus de 1,200 milliard de centimes», d’après Hassan Bigadern, l’un des anciens membres de la commission préparatoire de l’association, en 1998. 
Notre interlocuteur ne mâche pas ses mots. «Plusieurs irrégularités ont entaché la gestion du président actuel. La plus grave étant que ce dernier déposait depuis plusieurs années l’argent provenant de la vente des médicaments sur son compte personnel, ce qui est contraire au règlement intérieur de l’association», lance-t-il. Et de poursuivre: «C’est le président, lui-même, qui a reconnu qu’il déposait l’argent encaissé de la vente des médicaments sur son propre compte bancaire. Ce fut à l’occasion de la réunion d’une commission pour l’amendement du statut de l’association, en 2012».  
Non sans colère, Hassan Bigadern souligne que «le trésorier actuel de l’association doit aussi rendre des comptes au sujet de ces irrégularités. Car il est au courant de tous ces détournements, mais il ne l’a pas dénoncé», ajoutant que «dans les prochains jours, une autre plainte devra être déposée contre le trésorier».
Lahcen Oufaress, agriculteur à Ait Melloul et président de l’association depuis 2004, dément, quant à lui, toutes ces accusations. Depuis la révélation du scandale, il crie haut et fort qu’il n’a pas trahi la confiance des membres de l’association ni celle des malades adhérents. Dans ses déclarations devant le juge d’instruction, Abdelali Dlimi – dont Libé détient une copie du PV- le président indique qu’«il s’est chargé de toutes les transactions avec les sociétés qui approvisionnaient l’association en médicaments et en dispositifs médicaux». Il ajoute qu’«il traitait avec un groupe de sociétés sur la base d’une garantie personnelle», lit-on dans le document. «Ces entreprises me livraient des médicaments en échange d’un chèque de garantie tiré sur mon propre compte. C’est ce qui explique qu’à la fin de chaque mois, je déposais le montant équivalent sur mon compte personnel. Alors que je virais régulièrement sur le compte de l’association les profits réalisés de la vente de ces médicaments», assure-t-il. 

Naîma Cherii
Mardi 17 Juin 2014

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