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​La marche de l’égalité




​La marche de l’égalité
Les femmes de ce pays rêvent-elles à l’impossible en revendiquant une égalité pleine et entière ? Les Marocaines sont-elles condamnées à la sous-citoyenneté parce qu’elles sont nées femmes et que les islamistes au pouvoir sont loin d’adhérer à l’hérésie selon laquelle  «les femmes  sont des hommes comme les autres»?
Et parce que les femmes sont des hommes comme les autres, elles ont choisi de l’exprimer à l’occasion de la Journée internationale de la femme, en battant le pavé à Rabat. Et en ce 8 mars, la marche de l’égalité des Marocaines sera celle de la dignité retrouvée, des droits arrachés, de la citoyenneté conquise.  C’est derrière ce même étendard et cette même bannière que les femmes du mouvement féminin, des partis de l’opposition, des centrales syndicales et des associations de défense des droits humains ont sonné le tocsin de la mobilisation.
Les inégalités sont légion. Autant que  les injustices faites aux femmes. Jamais gouvernement n’a autant maltraité les droits des Marocaines. Pour la moitié de la société, comme pour le reste d’ailleurs, les grands principes portés par la Constitution sur les registres de l’égalité, la parité et la consécration de la citoyenneté des Marocaines, sont restés lettre morte. Pire encore, le principe de l’égalité –l’un des principaux piliers de la démocratie- est tous les jours bafoué. En violant les principes de l’égalité, c’est la démocratie qu’on assassine tous les jours.
Le discours politique ambiant ne trompe pas sur les intentions d’un gouvernement qui a fait du «halal» sa seule marque de fabrique. Le chef du gouvernement, celui-là même qui est censé porter, incarner et traduire une politique publique, compare les femmes aux lustres.  Il va encore plus loin en définissant leur rôle dans la société. Pour Abdelilah Benkirane, les femmes doivent rester à la maison pour éduquer les enfants. 
A l’évidence, celui qui conduit la coalition gouvernementale a un rapport épidermique et conflictuel avec les femmes de ce pays. Et ce sont les modernistes, les démocrates, toutes  celles qui réclament droits et égalité qui provoquent les colères incontrôlables du chef du gouvernement.
Depuis l’avènement de la nouvelle Constitution, différentes institutions constitutionnelles ont élaboré des rapports sur les discriminations faites aux femmes. L’on retiendra ici  l’action du Conseil économique et social qui a élaboré un rapport en auto-saisine sur la question de l’égalité entre les sexes.  Le Conseil a ainsi dressé un état des lieux sans concession des nombreuses discriminations subies par les femmes et formulé des propositions pour assurer une égalité réelle entre les hommes et les femmes. 
L’on ne saura trop conseiller à ceux et celles qui nous gouvernent de plonger dans la lecture de ce rapport. Parce que l’égalité n’est pas un slogan mais bel et bien un principe des droits humains. 

Libération
Jeudi 26 Février 2015

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