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​Bouya Omar bis




​Bouya Omar bis
C’est fou ce que certains discours du ministre de la Santé peuvent être anesthésiants ! Cela est-il dû à sa formation académique ou à son long cheminement entre les dédales d’une logomachie  qui avait pignon sur rue au temps jadis où le marxisme tenait lieu de sacerdoce ? Quoi qu’il en soit, il doit en avoir gardé des séquelles indélébiles à en juger par les déclarations qu’il a faites dernièrement devant les élus de la Nation.
En réponse à une question orale que lui ont posée des parlementaires de la majorité, il n’a pas hésité, selon l’agence MAP, à affirmer que son département qui examine depuis une année la possibilité de se débarrasser de « Bouya Omar », vient de prendre toutes les mesures nécessaires pour fermer, dans les plus brefs délais, les maisons situées aux alentours de ce mausolée où des patients souffrant de troubles psychiques et mentaux sont séquestrés.
Le ministre a même évalué à quelque 10 millions de dirhams le chiffre d’affaires annuel que rapporterait l’exploitation de ce sanctuaire. Ce qui ne peut, en fait, augurer que d’une seule chose. A savoir la réussite du projet d’hôpital qu’il aurait voulu édifier en ces lieux mais dont les cartons ont tellement tardé à quitter les tiroirs de son département.
Au lieu donc de prendre le taureau par les cornes, le ministre a préféré nous faire prendre des vessies pour des lanternes. S’attaquer à des propriétés privées, si elles le sont vraiment aux termes de la loi, au lieu de s’attaquer directement au vrai problème, n’est-il pas de nature à produire l’effet inverse de ce qui en est escompté ? Il suffit de lire la Constitution et les dispositions pertinentes du Code pénal et de celui qui en fixe les procédures pour se rendre compte qu’il pourrait y avoir délit à le faire. Il ne faut pas oublier, non plus, que si des mauvais traitements ont été infligés à des tiers, les préposés au service du mausolée en question en portent peu ou prou la responsabilité et qu’ils devraient en répondre.
Il aurait donc été plus logique pour lui de commencer par le commencement, c’est-à-dire mettre des lits d’hôpital en nombre suffisant à la disposition de ces 2300 «patients» internés dont il ne cesse de déplorer le sort.

Par Ahmed Saaidi
Vendredi 22 Mai 2015

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