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​Bachotage




​Bachotage

Les concours d’accès aux grandes écoles seront bientôt finis. Avec la publication de leurs résultats définitifs, c’en sera, en fait, fini des ambitions de milliers d’excellents élèves qui ont obtenu leur baccalauréat à la force du poignet et avec mention très bien. Le meilleur cru de la cuvée 2015-2016 sera ainsi jeté dans le caniveau sans sommation aucune et, avec lui, les efforts d’une douzaine d’années de dur labeur et de lourds investissements consentis en faveur de leur progéniture par des parents qui n’en peuvent mais. 
De fait, on oublie souvent qu’à l’instar de notre passeport qui ne peut franchir les frontières que revêtu de visas étrangers, le bac local ne donne accès à des études supérieures de qualité qu’après que son titulaire ait réussi à franchir le Rubicon des concours. Les seules portes que cette peau d’âne ouvre directement sont, en effet, celles des facultés des lettres, de droit, de sciences politiques, etc.
A lui seul, ce sésame symbolise donc l’échec d’un système scolaire qui n’a cessé d’être tripatouillé depuis l’aube de l’indépendance. Du plan Mohamed El Fassi concocté fin 1956, au colloque des Chênes organisé en 1964, à la tristement célèbre circulaire Youssef Belabbès qui a mis le pays à feu et à sang en 1965, à la mise sur pied de la doctrine Benhima une année plus tard, en passant par le colloque d’Ifrane en 1970,  l’arabisation à outrance made in Azeddine Laraki en 1977, la Charte nationale d’éducation et de formation de 1999 et l’opérationnalisation du Programme d’urgence pour l'éducation 2009, aucune des tentatives de réforme n’a débouché sur les résultats escomptés. Il leur manquait, peut-être l’essentiel : définir quel genre de citoyen nous voulons et pour quel Maroc. Le faire aurait induit à mettre totalement à plat notre système éducatif à tiroirs et à double vitesse, à régler une bonne fois pour toutes la question linguistique et à considérer l’éducation non seulement comme une priorité nationale parmi d’autres, mais comme la priorité des priorités. 
Est-ce le cas depuis la création du Conseil  supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique ? Nous l’espérons avec autant plus de force qu’il y va de l’avenir de notre pays. Il n’en demeure pas moins que la gestion du secteur laisse encore à désirer. Une preuve entre mille : alors que les bacheliers avec mention sont encore en train de passer des concours, les portes des inscriptions aux facultés viennent de leur être fermées. Ceux d’entre eux qui seront recalés devront attendre la prochaine rentrée universitaire pour  quémander d’éventuels strapontins. Une double peine, en somme. Qu’ont-ils fait pour la mériter ?

Par Ahmed Saaidi
Lundi 27 Juillet 2015

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